AMOUR ET LES COMBATS

Décidé, notre chasseur de monstres se jure de ne plus jamais reprendre de la frênette (vin de frêne). 

Aujourd’hui il doit retrouver les Pies-Pies-Van-Van et la terre tangue comme sur un rafiot. Son compagnon, posé sur ses épaules va finir par attraper le mal de mer, attention aux dégâts qui viendraient du dessus. Le plan de bataille de notre chasseur se dessine peu à peu dans son esprit.

«  Il faut que je provoque les Pies-Pies-Van-Van. Leur terrain de jeu est l’eau mais ils n’aiment pas les ouaches (flaque d’eau). Ils  pratiquent  leur supplice dans des eaux plus profondes. Ils entrainent leurs victimes près d’un lac ou la Meuse. Ils descendent en bande de la vallée pour pratiquer leur distraction préférée : attirer dans l’eau une jeune femme ou un bougre pour mieux danser sur son cadavre.

Nous allons rester près de ce lac et attendre tel le chat guettant la souris. La nuit viendra et les Pies-Pies-Van-Van ne tarderont pas. Ces lutins maléfiques ne résisteront pas à l’appel de la terreur. »

Essayant de trouver une cachette nos deux compères sont attirés par une forme qui danse sur un champignon. De loin cette jeune fille est lumineuse. Elle a ce quelque chose qui trouble notre chasseur. « Il faut que nous la sauvions. Les monstres vont la noyer et rire sur son si joli cadavre. »

Notre chasseur presse le pas. Son compagnon ne comprend pas ce qu’il veut dire. Il décide d’enlever  ce qui lui serre de bouche-oreilles.

« Je ne comprends pas pourquoi j’ai des papillons dans le ventre. Oh ce vin de frêne, il me joue des tours. » La marche s’accélère. Notre chasseur à comme des ailes, il veut sauver cette jeune fille. Il  a de plus en plus de papillons dans son corps. Il court, trébuche, perd son animal, fait demi-tour, le récupère et enfin arrive près de la forme qui chante, sereine.

C’est une fée sur un champignon. Que la nature est belle. Que la vie est…il en oublie même les lutins maléfiques. La fée leurs sourit. Ils lui rendent ce joli visage. 

« Jour Bon à vous » dit la fée. Ils ne peuvent plus parler tels des bêtas devant un gros gâteau.

« Que faites-vous dans ce bois chasseur de monstres ? » Aucun son ne sort de notre chasseur.

Il réfléchit  en se parlant à lui-même: « Se marier avec une fée, ce n’est pas possible. Mais si elle n’appréciait pas mon animal compagnon ? Et si elle me demandait de rester au logis ? Non un chasseur de monstres doit rester seul. C’est la vie des héros, la solitude… » 

Impatiente la fée s’est envolée sans jamais entendre un seul son de ces deux étrangers. Mais bientôt, venant de BRAU les Pies-Pies-Van-Van arrivent. Certains de noyer leur proie, un colporteur du Nord vendeur de rubans et de taffetas. Ils le jettent à l’eau et commencent leur danse. A cet instant notre chasseur sort de sa besace un objet enroulé dans du tissu. Il porte à sa bouche une flûte en bois de noisetier et émet une musique qui tétanise ces lutins de malheur. Ils se mettent à hurler de douleurs. Toute la forêt d’Ardennes se transforme en cacophonie effrayante. Rappelez-vous : il est indispensable d’attraper les anneaux de certains Pie-Pie-Van-Van. Et hop de 1, de 2 et de 3 pour sa collection. Il faudra juste découper un morceau de l’oreille qui retient chaque anneau  mais ça c’est de la routine. Un trophée ça se mérite ! Mais ça c’est une autre histoire…

Un temps passé, le compagnon du chasseur peut enfin retirer ses protègent oreilles, le bruit n’est plus là. Ils ne reviendront pas de sitôt. Le colporteur ne prend pas le temps de remercier quiconque mais pense bien à prendre la fuite dans la direction opposée à celle de ses bourreaux.

 

Nous étions le lendemain matin. Le chasseur va pour être payé.

« Forgeron je t’ai débarrassé des Pies-Pies-Van-Van, paie moi. »

Le forgeron regarde droit dans les yeux le chasseur : « Je trouve ton tarif trop élevé, prends donc quelques bûches cela suffira à te payer et surtout ne revient plus avec des diableries. » Le chasseur reste digne et tourne le dos au forgeron. Celui-ci ricane de bon cœur en se disant qu’il venait d’économiser 2 beaux écus.

Qui a le pouvoir de chasser des monstres sait aussi les faire revenir. Le soir même les lutins s’en donnèrent à cœur joie sur la tête du forgeron. Tout fût détruit, plus de vie dans la forge. 

Il est toujours recommandé de payer ces dettes en particulier si vous faîtes affaire avec un chasseur de monstres. 

Aujourd’hui de cette histoire il ne reste qu’une chose le lac. On ne nomme : « le lac des vielles forges » Maintenant vous savez pourquoi. A bon entendeur, bon payeur.

 

                                                                       FIN

Texte de Nathalie Leblanc

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