Un jour n’est pas le lendemain

Dans 2 jours, au petit matin, le problème des Pie-Pie-Van-Van ne serait plus.

UN JOUR N’EST PAS LE LENDEMAIN

 Le chasseur de montres beugle sa colère tout en rejoignant son compagnon de toujours : « 2 écus ! Ce n’est pas cher payer. Je me demande qui sont les monstres ! Les Pie-Pie-Van-Van ou les radins ? Mais bon une parole n’est pas du vent. Croix de bois, croix d’une bonne goutte de pays, on va les souffler ces Van-Van ! » L’ami fidèle acquiesça mais n’en pense pas moins. Les gens ne reconnaissaient plus le savoir-faire dans ce pays. 

Avant un combat rien de tel qu’un bon repas et du repos sur une paille moelleuse. Nos hôtes se régalent d’une bonne Cacasse à cul nu (plat dit du pauvre à base de pommes de terre et d’oignons. Le tout cuit dans une cocotte en fonte frottée au lard.) 

Entre deux coups de fourchettes, nos compères se remémorent  des histoires de… monstres, bien entendu. A dire vraie, c’est surtout notre chasseur qui parle. Ils ont frôlé  la noyade avec Mémé-crochet  de Saulces Monclin qui adore emmener les gosses au fond de son puits. Et le monstre dragon qui déguste les nouveaux nés, il leur a bien donné des fils à retordent tant ces pattes avaient des crocs comme des falaises. Le repas terminé notre chasseur  se disait qu’il n’avait jamais eu le temps de chômer. Toutes ces péripéties racontées au beau milieu de l’auberge du moulin coupèrent l’appétit aux autres pensionnaires. Peut-être que j’expression « Faut pas parler en mangeant vient de là » mais ça c’est une autre histoire…

Revenons à notre chasseur de créatures dangereuses. La goutte à la prune l’a rendu un peu nostalgique et puis ce forgerons avare ! Mais surtout notre chasseur promenait depuis un certain temps une mélancolie. Il était amoureux mais ne savait de qui. Oh il beuquait (regarder) de temps en temps quelques galantes mais il n’avait pas de papillons qui s’envolaient dans sa tête. Tout tourne autour de lui,  il n’aurait pas dû se resservir de la frênette (vin de frêne).

Demain sera un autre jour

Son ami fidèle, lui, dors du sommeil du juste. Notre chasseur de monstres ne peut pas se lamenter, il est un héros pour son compagnon de combats et puis il ne faut pas le réveiller demain serait, sans doute, un autre jour. Allez, ce dit-il « Un jour n’est pas le lendemain ». C’est bien ce que tout un chacun se dit lorsque la mélancolie nous rattrape mais ça c’est une autre histoire…

Le coq sur son tas de fumier n’a pas loupé le temps du réveil. Il est là qui parade sur le purin tel un paon sans sa roue. Les lendemains de dégustation ont la bienveillance de vous rappeler les excès de la veille. Mais quand il faut y aller et bien il faut d’abord se lever. Inutile de se laver : le temps leur est compté. 2 jours, 2 écus. 

Un bol de lait de chèvre, du pain avec de la confiture maison et les voilà partis tel le faucon dans les airs cherchant sa proie. Mais que cache dans sa besace notre chasseur ?  Pourquoi ce morceau de tissu à l’air si précieux ? Et son compagnon fidèle pourquoi protège t’il ses oreilles ?

Texte de Nathalie Leblanc

Cliquer ici pour la 1ère partie

Cliquer ici pour la suite à venir…

No Comments

Post a Comment